furoshiki à motif
Emballage en tissu réutilisable d’inspiration japonaise – furoshiki

Dans les années 90, les fêtes de fin d’année, chez nous, cela ressemblait à une montagne de papier. Tous les cadeaux étaient emballés dans du papier à usage unique, dont ma mère faisait un stock consciencieux en choisissant les motifs année par année – car les emballages ne duraient qu’une seule saison. Il arrivait même qu’en famille on fasse durer le suspense en emballant un emballage dans un emballage dans un emballage pour que la personne mette une éternité à deviner ce qui se cachait en dessous… Nous trouvions tous cela très drôle. A l’époque, nous n’avions aucune conscience de l’impact environnemental de ce comportement : d’abord le coût écologique qui avait été nécessaire à produire ces emballages, qui avaient été achetés dans le seul but de les jeter, mais aussi quelle serait leur vie après ces quelques secondes où ils avaient été le centre de l’attention, pour être ensuite abandonnés ? L’énorme sac poubelle de l’après-fête me dérangeait, sans que je ne puisse mettre des mots dessus.

Allez c’est cadeau! Noël 1989 🙂

Aujourd’hui, heureusement, aucun membre de notre famille n’oserait plus faire cela. D’ailleurs, il n’y a pas que l’emballage : le nombre de cadeaux, et leur nature aussi, ont bien évolué. Pour ma part, j’ai commencé par utiliser des emballages alternatifs : papiers journaux, rubans, taies d’oreillers, etc… et des cadeaux produits par des artisans. Aujourd’hui, je privilégie les cadeaux d’expérience aux cadeaux matériels. Je n’ai presque plus rien au pied du sapin, et ce qui s’y trouve est emballé de façon durable – on n’est pas emballé, tout simplement.

Mais la conscience environnementale n’évolue pas chez tout le monde à la même vitesse. Au premier marché de Noël du Fil de Bibil en 2017, je n’avais naïvement prévu aucun emballage, voulant garder ma conscience écologique tranquille. Mais dès la première heure du premier jour, j’ai été forcée de constater l’emballage était une condition d’achat pour de nombreux clients… Et que si je n’en proposais pas, alors tant pis, on allait me faire une réputation pour mon manque de professionnalisme et aller voir ailleurs, là où on emballe.

Alors je me suis débrouillée. J’ai utilisé des bandeaux en papier recyclé en mode emballage minimaliste, j’ai développé des tote bags, j’ai réutilisé les emballages de mes fournisseurs. Bref, j’ai fait ce que j’ai pu, mais il faut bien admettre que tout cela était un peu momoche, et parfois maladroit. Or, n’ayons pas peur des mots, un emballage qui est moche fait un cadeau qui est moche. C’est d’ailleurs une des leçons numéro un des cours de marketing que j’ai suivi cette année : ce qui fait le produit, c’est son emballage. Comment dès lors se distinguer de la concurrence autrement que par de bonnes intentions ?

La solution, je l’ai découverte l’année passée. C’est tout simple, mais pourtant tellement évident : le problème de l’emballage cadeau, c’est son usage unique. S’il en faut absolument un, autant qu’il soit réutilisable. C’est à ce moment que je me suis mise à développer des furoshikis, ces emballages en tissu d’inspiration japonaise. J’avais un peu d’appréhension quant à la perspective d’apprendre à les nouer, mais en quelques vidéos youtube et dix minutes de pratique c’était fait. Il y a des dizaines de façons différentes de faire, et une infinité de possibilités d’être créatif !

Cette année, quand j’ai lancé le webshop, j’ai directement pensé à ces emballages à usage unique.  En effet, avec les papiers de soie, les flyers, les remerciements, les colis ou enveloppes… Les déchets n’en finissent pas. J’ai inclus, dans mon étude de marché, des questions relatives aux alternatives que les clients étaient prêts à accepter. Au terme de cette étude, j’ai décidé sur mon webshop de proposer deux options concernant les emballages :

  • La première est de demander au client s’il accepte que sa commande soit expédiée dans un colis recyclé. Je n’ose pas prendre cette initiative de moi-même sans connaitre les désirs du client, certains pouvant se trouver offusqués par un emballage réutilisé qui peut être perçu comme « cheap ». D’ailleurs la moitié de mes clients ne sélectionnent pas l’option. Pour ceux-là, j’utilise des emballages neufs mais en carton recyclé.
  • La seconde est l’option « emballage cadeau » au moment de la validation de la commande, avec la possibilité de remplacer le papier de soie par un furoshiki. Cela permet de commander, en même temps que sa commande, un emballage cadeau réutilisable… Et pour certaines personnes, de franchir le pas du furoshiki du fait d’en recevoir un.  

Attention, je ne dis pas que le furoshiki est une solution miracle. La première condition pour qu’il constitue un emballage écoresponsable est évidemment qu’il soit réutilisé… Quelle frustration quand j’ai offert pour la première fois à des gens qui me sont chers (que je ne nommerai pas mais qui se reconnaitront) un lot de 10 furoshikis réalisés patiemment de mes mains, pour apprendre que dans la semaine ils avaient déjà été perdus… Un furoshiki est un emballage en tissu, or il faut garder à l’esprit que si cette solution réduit la taille de la poubelle, la production de tissu a un coût environnemental nettement supérieur à la production de papier. Si un furoshiki est oublié dans un coin, ou s’il est changé à chaque nouvelle mode, son impact environnemental est plus nocif que celui d’un papier à usage unique…

Furoshiki uni
Emballage en tissu réutilisable d’inspiration japonaise – furoshiki

Le mieux est évidemment de ne pas utiliser de tissu neuf mais de faire de la récupération. Pour cela, je tiens à souligner qu’il est aussi possible d’en faire soi-même à partir de ses vieilles nappes ou de tissu de récupération, et ce sans disposer de compétences avancées en couture… Si vous avez une machine qui fait un point zig zag, c’est à votre portée !

Comment faire ? Coupez un carré de 70 x 70 cm (ou autres dimensions selon vos désirs ou la taille de vos chutes, l’essentiel est qu’il s’agisse d’un carré) dans un tissu qui n’est pas trop épais, car un tissu trop épais sera difficile à nouer. Réduisez la longueur de votre point zig zag et élargissez-en la largeur selon la finition désirée, et vous verrez que vous y arriverez très rapidement ! Pour les plus doués en couture, vous pouvez également faire un ourlet à double rentré, voire même doubler vos furoshikis… Et si vous avez une surjeteuse, vous pouvez évidemment choisir de surjeter les bords avec un surjet classique (l’option que j’ai choisie), ou de faire un surjet roulotté. Vous trouverez pour votre information un tutoriel utile ici (même s’il en existe beaucoup).

Alors… A quoi ressembleront vos emballages cadeaux cette année ? Furoshiki or not shiki ?